Crise à L’Est : l’unité, le seul espoir pour les territoires de Beni et Lubero en temps de guerre
La population des territoires de Beni et Lubero endure des massacres à répétition, une insécurité permanente, depuis plus de dix ans ; une douleur devenue presque invisible aux yeux du reste du monde. Dans les rues, une phrase revient souvent : « C’est le régime politique en place qui est responsable de nos malheurs. » Une parole de colère, mais aussi de désespoir.
Ce sentiment d’abandon par les autorités est légitime. Trop de fois, les promesses de sécurité ont été trahies. Trop de fois, les populations ont été laissées seules face à la mort. Et pendant ce temps, les véritables auteurs de cette guerre, souvent tapis dans l’ombre, continuent à semer la terreur.
Mais aujourd’hui, au-delà de la colère, un constat s’impose : nos souffrances sont les mêmes. Peu importe nos origines, nos langues ou nos appartenances politiques, nous pleurons les mêmes morts, nous enterrons les mêmes enfants, nous partageons le même cauchemar. Se battre entre nous, c’est faire le jeu de ceux qui veulent le Grand Kivu à genoux.
Pendant que nous nous divisons, que nous nous accusons mutuellement, que nous perdons confiance les uns envers les autres, les véritables profiteurs du conflit, eux, s’enrichissent. Ils prospèrent dans notre chaos. Ils veulent un peuple faible, désorganisé, divisé. Ne leur faisons pas ce cadeau.
Ce que nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’un éveil collectif. Nous devons refuser d’être uniquement des victimes. Il est temps de redevenir acteurs de notre propre avenir. Cela commence par l'unité, par la solidarité, par l’éducation, par l’entrepreneuriat, par l’entraide entre communautés. Cela commence aussi par refuser les discours qui incitent à la haine et à la vengeance.
Les deux territoires, Beni et Lubero ont déjà trop pleuré. L’heure est arrivée de se reconstruire. Même sous les balles, même dans l’insécurité, chaque initiative, chaque main tendue, chaque projet communautaire est un acte de résistance. Développer nos territoires, c’est déjà affaiblir ceux qui veulent les détruire.
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