Nord-Kivu: Quand les confessions religieuses réapprennent le vivre-ensemble pour la paix
Les
conflits identitaires, les massacres et la peur de l’«
autre » ont longtemps déchiré le Nord-Kivu, ainsi les confessions religieuses ont
pris une place dans la cohésion sociale. Tandis que les communautés
se sont enfermées dans la méfiance, les Églises, les missions protestantes, les
assemblées évangéliques et les institutions musulmanes se sont engages dans la
restauration du vivre-ensemble.
Ces
confessions ne se contentent plus de prêcher la paix dans les lieux de culte.
Elles s’organisent en plateformes interreligieuses, créent des espaces de
dialogue et de médiation entre groupes autrefois antagonistes, et offrent des
accompagnements spirituels et psychologiques aux populations blessées par les
violences. Leurs leaders sont souvent sollicités pour apaiser les tensions, dans des villages comme dans les centres urbains.
Par
leur enracinement communautaire, ces confessions religieuses ont acquis une
capacité à atteindre des franges diverses de la population. Les femmes, les
jeunes, les anciens comme les déplacés ont trouvé dans ces lieux de foi un
refuge où l’on peut encore parler, écouter, et espérer. À travers des prédications,
des rencontres intercommunautaires, des actions humanitaires et des programmes
de sensibilisation, les groupes divisés se sont rapprochés.
L’éducation
à la paix est devenu une priorité dans ces entités. Dans les écoles, les
centres de formation et les mouvements de jeunesse, les responsables religieux ont
introduis des notions de justice sociale, de non-violence et de responsabilité.
Ce travail s’accompagne souvent d’une organisation de campagnes contre les
discours de haine, soutien aux familles des victimes de conflits,
accompagnement des ex-combattants dans leur réinsertion.
Face à l’échec répété des politiques de sécurité, ces efforts portés par les confessions religieuses ne prétendent pas remplacer l’État, mais ils montrent que la paix ne se décrète pas mais elle se construit au quotidien, à travers des gestes simples mais constants, portés par des voix spirituelles qui ont refusé l’indifférence.
En redonnant confiance aux cœurs abîmés et en reconnectant des
voisins devenus étrangers, les religions au Nord-Kivu s’imposent aujourd’hui comme
des bâtisseurs d’une cohésion sociale éfficace.
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