Jeunes de l’Est : Du jugement à l’inspiration, réapprendre à se réjouir du succès de l’autre
A l’Est de la République démocratique du Congo, une forme de violence se
vit sous silence; celle qui oppose les jeunes entre eux, non pas avec des
armes, mais avec des regards, des mots, des suspicions. L’objet du conflit ? La
réussite de l’autre.
Il suffit parfois qu’un
jeune parvienne à monter un petit commerce, à décrocher un emploi dans une ONG,
à s’acheter une parcelle ou une moto, pour que les murmures s’élèvent : « Il a
réussi parce qu’il est de telle ethnie… Il a des relations… Ce n’est pas clair…
»
Derrière ces propos se
cache une blessure; celle de la méfiance ethnique, encore vivace dans une
région fracturée par des de conflits. La jalousie personnelle se transforme
rapidement en hostilité communautaire. Et la réussite d’un jeune devient, non
pas un modèle à suivre, mais un prétexte à la division.
Cette situation brise
l’espoir et détruit l’unité. Il détourne l’énergie des jeunes vers la suspicion
plutôt que vers la solidarité. Pourtant, dans cette période de guerre, de
pauvreté, chaque réussite devrait être célébrée comme une victoire collective.
Il est temps de rompre
avec cette logique destructrice. Être de l’Est, c’est déjà porter un lourd
fardeau. N’ajoutons pas le poids de la haine entre nous. Qu’on vienne du
Sud-Kivu, du Nord-Kivu, de l’Ituri ou du Maniema, le véritable ennemi n’est pas
le voisin qui réussit, mais le système qui nous divise.
La paix commence là où
la jalousie s’efface devant le respect. Et le développement, là où l’on
s’inspire les uns des autres au lieu de se détruire.
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