Butembo: ces femmes déplacées qui rebâtissent malgré les blessures de la guerre
Des
femmes déplacées, originaires du territoire de Beni et de Lubero, ou de la
province d’Ituri dans les villages d’Irumu, Ndimu, Mbau, Djugu…, ont trouvé
refuge en ville de Butembo. Elles ont fui les combats, les massacres et les
pillages. Certaines ont perdu leurs maris, d’autres ont vu leurs enfants
enlevés ou leurs maisons incendiées. Mais loin de se laisser écraser par le traumatisme, ces femmes deviennent, jour après
jour, des actrices de reconstruction, de résilience.
Dans
les marchés de Vichai, de Rughenda, de Furu ou de Vutsundo, elles sont
nombreuses à vendre des légumes, du charbon, du savon, malgré la précarité.
D'autres se lancent dans de petits métiers de couture, de coiffure et de
ménagère pour subvenir aux besoins de leurs enfants.
«
Nous étions arrivé à Butembo en 2023, nous revenions de Ndimu où nous avions
tout perdu et mon marie était massacré. Mais ici, à Butembo, je me débrouille
pour survivre avec mes enfants, je fais la lessive pour les gens qui ont besoin
de mon service. Nous essayons de résilier petit à petit », confie Mama Zacharie,
mère de huit enfants, rencontré en service de lessive dans le quartier Kitulu
Elles
vivent dans des maisons de fortune, souvent à l’étroit, parfois sans eau, ni
électricité. Certaines sont hébergées par des familles d’accueil, d'autres
s’organisent entre elles pour louer des petites maisons ensemble. Mais malgré
cette précarité, beaucoup refusent de tendre la main. « Je ne voulais pas être
vue comme une mendiante c’est pourquoi j’ai commencé à vendre des beignets près
de l’école primaire de Kanyangungu. Ce n’est pas grand-chose, mais au moins je
peux acheter du savon et nourrir mes deux enfants » affirme Jeanne Mulavi, déplacée
de Mbau, mère de deux enfants.
Pour
ces femmes, la paix ne se résume pas à l’absence de tirs ou de machettes. La
paix, c’est aussi la guérison intérieure, la reconnaissance de leur dignité, et
l’intégration sociale dans leur nouveau milieu.
«
Là où la guerre détruit, les femmes rebâtissent », ici en ville de Butembo,
cette vérité se vit chaque jour. Encore faut-il que nous soyons prêts Ã
l’entendre.
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