Nord-Kivu: Entre rumeurs et vérité; les radios, les leaders d’opinions et réseaux sociaux à l’épreuve de la paix
L’information
circule à grande vitesse, portée par les radios locales, les réseaux sociaux et
les échanges quotidiens dans les territoires de Beni et Lubero. Pourtant,
marqué par l’instabilité sécuritaire et les fractures sociales, chaque mot
prononcé ou relayé peut avoir des conséquences lourdes.
Rumeurs
virales, messages audio malveillants, publications hâtives sur les plateformes numériques…
Ces derniers mois, plusieurs événements ont révélé l’impact parfois dévastateur
d’une parole incontrôlée. Il suffit d’un contenu mal interprété pour attiser
les tensions, raviver les méfiances ou alimenter la haine entre groupes.
Ainsi,
la responsabilité dans la prise de parole s’impose. Adopter un langage mesuré,
s’assurer de la véracité des faits avant diffusion, éviter les stigmatisations
et les incitations à la violence; ces gestes, bien que simples, peuvent devenir
des remparts contre la discorde.
Conscientes
de leur rôle, certaines radios communautaires du Grand Nord s’engagent
activement pour promouvoir une communication apaisante. Formations, émissions
éducatives, débats équilibrés, espaces d’expression pacifiques… autant
d’initiatives qui contribuent à restaurer la confiance et à favoriser l’écoute
mutuelle.
Face
aux tensions identitaires, encourager une parole responsable est un acte de
résilience collective, car dans une région où la parole peut amplifier les
conflits, elle peut aussi en être la clé de résolution. La paix, ici, commence
souvent par le choix des mots.
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