Nord-Kivu: Ces entraides invisibles qui consolident la paix
La
paix ne se mesure pas seulement en fin de coups de feu dans les territoires du
Grand Nord du Nord-Kivu. Elle se lit aussi dans les portes ouvertes, les
marmites partagées et les bras tendus vers l’inconnu. Dans la region marquée
par les déplacements, les pillages ou les séparations familiales, la solidarité
locale s’impose comme un rempart contre le désespoir.
Face
à l’arrivée de déplacés fuyant les combats ou les tensions, de nombreuses
familles, pourtant modestes, ouvrent leur case, partagent leur champ ou leur
maigre revenu. Ici, on ne demande pas d’où vient l’autre, on regarde s’il a
faim, s’il a froid, s’il peut dormir en sécurité. Ce sont des gestes simples,
mais qui redonnent une dignité à ceux que la guerre a tout pris.
Des
jeunes se regroupent pour reconstruire la maison d’une veuve. Des mamans
rassemblent quelques vivres pour une famille arrivée sans rien. Des commerçants
font crédit à ceux qui viennent de tout perdre. Et chaque fois, ce n’est pas
par luxe, mais par choix. Parce qu’on sait ce que signifie tout recommencer.
Ces
pratiques d’entraide créent des liens entre communautés. Elles désamorcent les
tensions, réduisent les risques de stigmatisation et participent à reconstruire
une confiance mutuelle là où l’instinct de survie aurait pu creuser
l’indifférence.
Dans
ce contexte, la paix ne dépend pas seulement des décisions politiques ou des
accords signés. Elle repose aussi sur cette capacité collective à dire: « tu
n’es pas seul ». Ce sont ces gestes de solidarité du quotidien qui rendent le
tissu social plus solide que les discours.
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